La nuit de l'ankou

Dans la tradition bretonne, l'Ankou est la personnification de la mort.
Son aspect est tantôt celui d'un squelette drapé dans un linceul, tantôt celui d'un vieil homme grand et maigre aux longs cheveux blancs, coiffé d'un large feutre. Ses prunelles sombres reflètent la flamme d'une bougie, celle de la vie qu'il s'apprête à emporter. Sa tête tourne comme une girouette pour embrasser la totalité de la region qu'il contrôle. Sa faux est emmanchée à l'envers car il ne fauche pas le blé mais les âmes , Selon les paroisses, il est le premier ou le dernier mort de l'année.
Aussi est-ce toujours avec angoisse que les anciens bretons vivaient les heures suivant ou précédant les douze coups de minuit!
L'Ankou transporte l'âme des défunts sur une charette branlante, le karrik ou karriguel ann ankou , dont l'essieu est mal graissé. Cette charette  fait entendre un grincement particulier , reconnaissable de loin. Deux chevaux y sont attelés: celui de devant est maigre et efflanqué, celui du limon est bien robuste. Deux compères l'accompagnent dans sa sordide tâche.
Autrefois, il existait des chemins  prévus pour la charette des morts, qu'empruntaient aussi les convois funèbres. En général, ces voies étaient d'anciennes routes bourbeuses, défoncées par les pluies,très mal entretenues et abandonnées depuis longtemps. Mais il eût été sacrilège que les morts n'empruntent pas le même chemin que leurs ancêtres.

Malheur à celui qui n'y prend pas garde et entrave la marche de la mort! Il était tout aussi dangereux de croiser l'attelage du faucheur breton pendant la nuit - domaine des défunts, des âmes errantes et sans repos ainsi que des autres êtres malfaisants que tout bon chrétien doit éviter. Car ceux qui se sont risqués à voir la mort à l'oeuvre n'y survivaient guère longtemps.
Le domaine privilégié de l'Ankou se trouve dans les Monts d'Arrée, dans le Finistère ( Penn ar Bed en breton). Chaîne de montagnes austère et aride, d'où il pouvait dominer tout le pays qu'il avait mission de parcourir. C'est dans cette même région, non loin de Brasparts, que les anciens bretons situaient les Portes de l'Enfer, le Yeun Elez. Un lieu sauvage, hostile et inhospitalier, cerné par la tourbière et aujourd'hui submergé par un lac de rétention pour la centrale nucléaire de Brennilis.
Surplombant le réservoir, le Mont Saint Michel de Brasparts ou Menez Mikael , et sa chapelle veillent.
Par le trou du Youdig , les âmes damnées tombaient dans les entrailles de la terre tandis que les heureux élus patientaient dans cette minuscule chapelle pour être emmenés au Paradis. 

Jamais personnification de la mort n'a été aussi impressionnante que l'Ankou breton.
La croyance populaire a forgé un être doué d'une consistance remarquable, presque palpable tant il effraie et frappe l'imagination. L'on ne peut s'empêcher de frissonner d'effroi avec les protagonistes qui ont, une nuit, croisé le chemin du sinsitre faucheur.
Les contes, légendes et autres témoignages notés, transcrits et compilés dans un recueil par Anatole Le Braz, à fin du XIXeme siècle, ont contribué à cette force narrative. C'était au temps où nos campagnes étaient encore plongées dans une totale obscurité, bien avant que la Fée electricité couvrent les ténèbres.
Lorsque l'homme était attentif au moindre bruissement d'arbre, au moindre hullulement de chouette, au moindre bruit inhabituel et surnaturel qu'il interprêtait comme un intersigne. C'était une autre époque. Une époque où les vivants, tout en la craignant, acceptaient la compagnie de la mort.














Le parcours
durée : 75 km. de nuit.
difficulté : toute l'année
particularité : de nombreux bourbiers très gras en hiver, quelques passages étroits dans les chemins creux... sinon la balade peut se faire en pneus mixtes le reste de l'année.
Une suspension réhaussée serait un atout pour affronter certaines difficultés notamment les deux passages de gués du parcours
départ : Vannes
arrivée : Elven